Le nuage est un projet d’installation et de performance à Marseille dans le cadre du festival « Préavis de Désordre Urbain » du 18 au 25 septembre 2010. C’est une nébuleuse collaborative de 3 faiseurs de nuage  :

- Antoine Castaigne : conception, réalisation de la banya et des équipements de chauffe & fumisterie (avec l’atelier de l’Art Utile à la Seyne sur Mer – Sarrey Créations), création et mise en mouvement du nuage de fumée (fumulus) et des nuages de vapeur (vaporus), massages avec les veniks (balais de feuillages assouplis dans l’eau chaude).
- Benoît Rassouw : aspersion & immersion en eau froide, création-réalisation d’éléments de refroidissement (sulfateuse de brume, baignoire alu, douche-parapluie), production d’estampes nuage (réaction feu-papier-eau)
- Fabrice Pras : Immersion littéraire avec une sélection de texte sur les bains de vapeur et des lectures publiques.

La Banya : mobile et pliable, l’espace est subdivisé en 3 entités : une terrasse, une antichambre constituant un sas thermique et la salle des vapeurs avec deux banquettes en bois permettant l’accueil de 4 à 6 personnes.  La peau de cette banya est une enveloppe de toile contre-ventée par une superstructure métallique. Cette peau réagit à la pression exercée par les flux thermiques interne et les mouvements parfois liés au vent. Cette remorque peut être tractée par un véhicule munie d’un attelage. Pour pénétrer et sortir de l’étuve le corps traverse la peau du bain par une faille élastique réalisée dans la paroi. La banya n’a pas de fenêtres, cette unité thermique vaporeuse est éclairée par un nuage luminescent sur la paroi zénithale, ce qui par cette apport de lumière verticale, lui confère une ambiance très agréable et conviviale et propose une lecture du ciel.

La Chauffe : la banya mobile, équipée d’un prototype de poêle-samovar démontable (3 étages : feu – pierres à vapeur – eau), permet de créer de grands nuages de vapeur en jetant de l’eau chaude sur les pierres après avoir puisé de l’eau dans la chaudière (29litres). Le poêle est une tour thermique alimentée par l’extérieur et fonctionne sur un régime de chauffe continu. Les pierres sont apparentes (et non dans un « bunker » comme ce fut le cas pour le poêle de la banya animale) pour des raisons de démontage et de transport. Le poêle est muni de multiples éléments technologiques de sécurité : 1 plaque de tirage pare-braises dans le foyer, 1 molette « viouchka » de régulation du tirage, 1 grille en métal déployé en tête de conduit pour l’évacuation des fumées par le chapeau nuage, une grille de cantonnement des pierres à vapeur, un blindage de confinement thermique du rayonnement du poêle (1000°C), une barrière pare-poêle, des éléments chevêtres de traversée… A ce jour, le climat intérieur n’a pas été mesuré, mais il est clair que de grands transferts d’énergie ont été réalisés par la vapeur (aux parfums de quelque forêt russe), et la réserve d’air chaud brassée par les balais.

Les accessoires indispensables : seaux, cuvettes, rameaux de chênes et de bouleaux, louches, pagnes.

Le nuage thermique fut donc bel et bien présent au coeur de la cité Phocéenne; des interventions ont eu  lieu à la Belle de Mai [Désordre en Friche], au bar L’éolienne [Rencontre au comptoir], en nocturne au théâtre des Bernardines [Préavis d'Insomnie], et aux Danaïdes [Préavis de chantier].

Programmation : http://www.redplexus.org/preavis-de-desordre-urbain